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Les yukas en bordure de dunes

Un pin maritime sur dune

Un stockage de bois coupé en forêt

La « laisse de mer » et les fonds sous-marins

Il suffit, pour connaître une partie de la flore et de la faune sous-marine, de suivre à pied la « laisse de mer »; ce cordon végétal, constitué par les « déchets » déposés par les eaux à chaque marée, est un véritable mini écosystème. Ce dépôt, appelée vulgairement « varech », est une aubaine pour la biodiversité, puisqu’elle propose nourriture, abris et engrais, pour la flore et la faune. A l’exemple de la « puce de mer » (Talitrus saltator), un petit crustacé qui consomme la matière organique échouée sur les plages, avant d’être à son tour mangé par les oiseaux de passage.

Laisse de mer Cette matière en décomposition – en grande partie constituée de Zostères naines, mortes – va permettre à quelques plantes de pouvoir se développer. C’est le cas du Cakilier maritime, une plante charnue, aux feuilles découpées avec de petites fleurs blanches, riche en vitamine C et en sels minéraux. Celui-ci était utilisé par les marins, avec la Cochléaire anglicane, pour lutter contre le scorbut pendant les longues sorties en mer.
La Soude brûlée, qui pousse aussi sur le haut de plage, permettait de récupérer de ses cendres la soude caustique*. Une nouvelle immigrante échappée des jardins, l’Epinard de Nouvelle Zélande, originaire d’Océanie, s’installe depuis quelques années entre autre sur les plages des 44 hectares au Cap Ferret. Egalement comestible, il apparaît sur la presqu’île du Mimbeau, coté lagune, où il colonise le sable dénudé, près de la laisse de mer. Toutes ces petites plantes opportunistes évoluent discrètement, sous le regard de la grande Lavatère arborescente et du Salsifi des prés.

Mélangée aux déchets de la laisse de mer, il existe une autre espèce, la Zostère marine, elle aussi très utile dans le milieu naturel. Elle est facile à identifier par ses formes identiques à celles de la Zostère naine, et par sa taille, beaucoup plus importante. Vivante, la Zostère marine est en permanence immergée, formant ainsi des herbiers sous-marins propices à la vie. Ces herbiers dissimulent des pontes de mollusques, dont ceux de la seiche et de différents poissons, tout en camouflant les hippocampes et les syngnathes, ces discrets petits « chevaux de mer ».
Cette zostère abrite également toute une microfaune, dont le phytoplancton, nécessaire à certains alevins, et divers zooplanctons tant attendus par la faune marine. Par la présence de ces herbiers, et une eau suffisamment chaude à la belle saison, les conditions sont propices au développement du plancton. De ce fait, toute une faune migratrice arrive avec le réchauffement printanier, en résidence d’été, pour apprécier à l’intérieur du Bassin une eau riche en nourriture qui peut monter jusqu’à 24 °C.

La dune vue depuis le Ferret En général, les promeneurs préfèrent ramasser les coquillages échoués un peu plus bas sur la plage. Ces derniers attestent de la présence de différentes espèces de gastéropodes et de bivalves, ces nombreux mollusques qui peuplent le Bassin d’Arcachon. Cependant, les vrais trésors se trouvent au milieu des zostères et des algues échouées. En effet, de nombreux autres indices de présence, en l’occurrence des œufs de raies et de roussettes, des vertèbres de mammifères marins, ainsi que des cadavres d’animaux, sont dissimulés au milieu du varech. La Tortue luth, la plus grosse tortue du monde, suit le Gulf Stream et vient se régaler des méduses qui flottent, portées par les courants, entre deux eaux. On s’aperçoit seulement de sa présence lorsqu’on la retrouve échouée sur les plages océaniques, empoisonnée par occlusion intestinale, après avoir confondu avec des méduses les sacs d’emballage plastique blancs issus des activités humaines.

Dauphins De mémoire d’homme, il y a toujours eu des mammifères marins sur la côte aquitaine et dans le Bassin d’Arcachon; à l’exemple des baleines ou autres cétacés, largement chassés dans le golfe de Gascogne tout au long du Moyen Âge. Ils finirent par disparaître, laissant la place à de petits delphinidés, déjà bien répandus depuis l’Antiquité. Depuis toujours les marsouins et les grands dauphins entrent régulièrement dans le Bassin d’Arcachon. Un jour d’août 1988, plusieurs Dauphins souffleurs (Turciops truncatus) ont été observés à leur tour; parmi eux, un dauphin particulièrement sociable avec les hommes – dit « ambassadeur » – se familiarisa rapidement avec les eaux du Bassin. Nommée Françoise, cette femelle devint très rapidement une curiosité locale. A l’image de ses prédécesseurs qui, au siècle dernier, venaient chasser les bancs de mulets le long des esteys, Françoise évoluait dans les chenaux notamment au large d’Andernos et du Cap Ferret. D’autres femelles, Egoïne, Grande Faucille, Omega, et un mâle appelés Vire, vivaient en groupe matriarcal, autour de l’éducation de Petite Faucille, fille d’Egoïne. En effet, la surveillance du jeune dauphin nécessite plusieurs nourrices, afin de permettre à la mère d’aller respirer à la surface ou de pouvoir dormir. Au nombre de six, elles sont revenues chaque printemps, plusieurs années durant, pour le plus grand bonheur de la population. En 2001, Françoise mourut noyée, piégée dans un corps-mort, et la troupe se fit de plus en plus rare et fini par disparaître. Depuis 2002, on aperçoit de temps en temps, en saison estivale, des marsouins ou des dauphins de passage en migration. En l’absence de pollution, on peut espérer qu’un jour les dauphins reviennent séjourner sur cette lagune nourricière.

* La soude caustique était utilisée dans la fabrication de certains produits pratiques de la vie courante, comme la lessive, le savon et le verre.

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Un panorama de dune blanche vu depuis la pointe du Cap Ferret

Une coupe de résineux

Des empreintes représentatives de la faune locale

Plantes spécifiques